Salon Normand du Vin  et des produits du Terroir
 


Dans une ambiance chaleureuse et festive, le 13ème Salon du Vin et des produits du terroir s’est déroulé du 11 au 14 novembre 2010. Comme les années passées l’Ordre des Canardiers proposait aux visiteurs du Salon la démonstration et la dégustation de la recette du Caneton à la rouennaise, 109 personnes ont profité de ces dégustations gratuites réalisées par les Maîtres Canardiers.  

Les démonstrations étaient assurées le 11 novembre, par Pierre GUERET et Julien MARCHAL-GUERET (restaurant Le Quatre Saisons à Rouen), le 12 novembre par Marcel LHERONDELLE et Justine LEBRUN (Lycée hôtelier Georges Baptiste de Canteleu), le 13 novembre par Thierry DEMOGET (restaurant Les Capucines à Petit Quevilly) et le 14 novembre par David BROCHET et Jean Paul LAVISSE (restaurant Le Rouennais à Rouen). Chaque dégustation était accompagnée de deux vins choisis sur le Salon par François PAJOT qui anima ce Salon du Vin avec grande compétence et humour. Il vous présente les vins dégustés dans le texte qui suit :

La fameuse recette du canard au sang à la Rouennaise, reste l’une des plus belles réalisations culinaires Françaises. L’espèce nécessaire à ce chef d’œuvre de cuisine ultra haut de gamme illustré par André Terrail dés le début du vingtième siècle à la Tour d’Argent, est un canard sauvage qui migre des grands froids du nord pour des territoires cléments. Le Val de Seine est un cocon pour ces volailles en quête d’amours précoces avec des tendres cannes de basses-cours prêtent à s’accoupler avec ces vigoureux males.
La séduction opère et deux mois avant tout le monde, naissent des canetons qui offrent une forte poitrine, de petites cuisses et un sang abondant indispensable à la réalisation de la merveilleuse sauce. Ce canard dit Rouennais envouta foulte grands chefs: le Père Denise, Michel Gueret qui en fit hommage à Félix Faure, sans compter sur Lecoq, chef de cuisine de Napoléon Ier, le canard au sang fut le péché mignon de Lord Seymour sans oublier les trois empereurs: le Tsarevitch, Guillaume Ier Roi de Prusse et le Prince Otto von Bismark pour un dîner à l’occasion de l’exposition universelle de 1867.
Le duc de Morny faisait des kilomètres pour s’en régaler. Les grands épicuriens ont fait la réputation de cette préparation prestigieuse, mais que boire avec ce volatile d’exception?
 

Notre dernière manifestation au salon de Rouen nous a offert une variété de crus mariés de façon magistrale au cours des 4 préparations cuisinées en public par de grands chefs au tour de main incomparable.

 

Première journée: Un grand vin rouge de Bourgogne I° cru les Duresses marqué par une sensation de petits fruits rouges, ayant vraiment les pieds plantés dans la vigne, d’une grande garde. Ce 2007 mérite une cave afin de le faire vieillir à souhait, sa structure est immense et voluptueuse. En découverte, un domaine de la Pinte en Jura rouge, cépage trousseau 2007. Le nez est prépondérant aux notes de cuir et de champignons, sa densité légère enveloppe la bouche de violette et de cassis. Un vieillissement s’impose pour ce vin qui a fait le coup de cœur de l’assistance.



Deuxième journée: Jean Pierre Vogt nous a livré un Côte du Rhône exceptionnel 2008 Les Hauts Saumemorte. Vin de star en osmose parfaite avec notre canard au sang, tout y est, confiture de cerise noire, densité au paroxysme, à carafer dés maintenant comme à oublier en cave, un petit chef d’œuvre est né, conduit par un couple amoureux de son terroir. Château Moulin Eyquem 2003 Cotes de Bourg. Parfait, classique, dans le goût des grands Bordeaux d’autrefois pour leur finesse et le respect du terroir travaillé. Idéal encore pour ce canard diablement gâté.  

 

 

Troisième journée: Le Mas Del Périé 2009 Cahors 100 pour cent malbec. Une concentration incroyable, délivrant des arômes qui vous ferons monter au plafond. Ce jeune vigneron nous réserve que des surprises qualitatives. Ce « black wine » comme disent les Anglais possède déjà une étoile au Hachette, des arômes de fruits compotés se noient dans une chair sans pareille. Ce grand vin volumineux embrasse le canard d‘une façon sublime. Fabien Jouve, vigneron artisan nous a envahit de gourmandises. Domaine du Grand Arc 2008 en Corbières. Au Temps de L’ Histoire. Du travail sur mesure réalisé dans la patrie de Molière à Cucugnan. 80 pour cent Carignan pure race aux effets endiablés de réglisse et de fruits murs, vinifié sans soufre, ce nectar bénit des dieux nous a enchanté sur notre préparation magique.


Quatrième jour: Nous nous sommes rien refusé en ce dimanche midi clôturant notre démonstration de rêve qui reste une allégorie culinaire Française de séduction sans pareil dans le monde. Le domaine du Clos Rocca issu du Languedoc Roussillon et mené par Louis Leman à Nizas prés Bézier. Un vrai vin… de gibier qui cependant garde une bonne acidité et un équilibre surprenant du à son assemblage Syrah, Mourvèdre, Carignan, Grenache noir. Notre canard fond dans la bouche embaumé des saveurs du Languedoc, robe pourpre et vive, les tanins murs structurent les fruits murs épicés dans une douceur vanillée.

Le Mas Karolina, vin de pays des Côtes Catalanes 2007 cuvée l’Enverre. Paré de grenache noir, ce vin construit, nous a enchanté par ses notes de fruits rouges et de café, souple, envahissant et sensuel. Quel mariage! Idéal dans sa densité pour séduire notre jeune volaille. Pour le feu d’artifice final un champagne de Jacques Robin 100 pour cent pinot noir, un vrai vin de table au bon sens noble du terme. Sa puissance, son volume, ses notes de pain grillé toastées, ses fines bulles en volutes infinies nous a tout bonnement retourné la note finale de notre cuisine raffinée menée par l’Ordre des Canardiers, en somptueuse conclusion. Les vins carafes l’ont été en Ovarius soufflé à la bouche de façon ancestrale. Cette carafe d’exception est tout bonnement révolutionnaire basée sur l’énergie cinétique. Très efficace en révélateur immédiat d’arômes.

 

François PAJOT